Spectacle de Laëtitia Leroy avec Chloé Angevin et Clara Hertz.

Alina, une infirmière à domicile, est arrêtée pour avoir tué plusieurs des personnes âgées dont elle s'occupait. Une psychiatre lui rend visite pour déterminer son état mental.

Peu à peu, une relation trouble s'établit entre les deux femmes, teintée de pouvoir et de domination. Mais qui manipule qui ?

Les scènes d'interrogatoire alternent avec des scènes de la psychiatre en couple avec une femme ressemblant étrangement à Alina.

Laëtitia Leroy a écrit un texte cru mais d'une justesse et d'une puissance formidables : un affrontement psychologique qui ne cesse de surprendre.  Dans une mise en scène soignée, aux lumières réussies de Jacques Lainé, elle dirige au cordeau ses deux interprètes, utilise les silences et donne à ces échanges une grande complexité.

L'interprétation des deux comédiennes ne souffre d'aucune fausse note et le duo parvient à maintenir à vif la tension ainsi que l'ambivalence de leur relation.

Clara Hertz, d'une présence remarquable, donne beaucoup d'épaisseur psychologique à son personnage dont on peine jusqu'au bout à distinguer les contours. Quant à Chloé Angevin, elle accomplit une performance de haut-vol avec ce personnage glaçant, à la fois machiavélique et désarmant. Une grande prestation.

Monstre-moi, thriller théâtral d'une grande efficacité, interroge les frontières de la normalité et la pente savonneuse qui mène vers la monstruosité. 

Un moment fort et dense.