Pièce de Marceline Loridan-Ivens, Judith Perrignon, mise en scène par Didier Bernard avec Ann Gisel Glass.

Dans "L'amour après", Ann Gisel Glass incarne Marceline Loridan, arrêtée à Bollène en 1944 et déportée à l'âge de 15 ans, qui raconte les décennies qui ont suivies sa sortie du camp et son rapport alors à l'amour, elle qui deviendra par ailleurs cinéaste et documentariste.

Adapté (par Ann Gisel Glass et Didier Bernard) du roman éponyme de Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon, le spectacle suit Marceline au plus près de ses émotions, dans la dualité qui sera la sienne une bonne partie de sa vie, à la recherche de l'amour et de sa féminité, tentant de faire cohabiter dans le même corps, la femme et la survivante.

D'une voix douce, avec une présence lumineuse et d'une parfaite justesse, Ann Gisel Glass ne joue pas : elle est Marceline. Dans ses doutes, ses envies et ses traumatismes. Une femme tentant de se reconstruire.

Tantôt assise sur des caisses de bois ou marchant devant des images (superbe création de Thibault Pétrissans), la comédienne dirigée avec précision par Didier Bernard est absolument magnifique. Une grande épure et une vraie élégance se dégagent de ce monologue ne souffrant d'aucun artifice.

Elle esquisse avec subtilité au fil du récit le portrait d'une fulgurante beauté d'une femme intelligente, infatigable et éperdument libre. On est captivé par ce témoignage marquant d'une femme rare, profondément humaniste et témoin de son époque.

Remarquable et poignant. Coup de coeur !