Pièce écrite et mise en scène par Alain Sachs avec Léa Py, Isabelle Tanakil, Emilien Fabrizio, Jacques Fontanel, Alain Sachs, Stéphane Titeca.

Annoncée comme "la première pièce officielle de l'histoire du théâtre entièrement conçue par l'intelligence artificielle", "Un pur chef-d'oeuvre" réunit dans un lieu isolé quatre personnages censés être les protagonistes de l'intrigue.

Un linguiste, une professeure de lettres, un agriculteur ont tous rendez-vous avec un homme. Arrive sa nièce, chargée de clientèle, qui elle aussi fera partie du projet. Et avec également la présence d'un inquiétant employé de maison et homme à tout faire.

Avec les apparitions répétées d'Alain Sachs qui vient commenter l'évolution du script, la pièce démarre comme une agréable fantaisie puisque le point de départ est alors prétexte à des variations telles que l'intelligence artificielle pourrait les proposer. Mais soudain le scénario élaboré par l'I.A commence à dérailler...

Alain Sachs s'amuse bien visiblement et propose une comédie qui fait réfléchir sur la narration, les dialogues et les enjeux de l'écriture. Elle explore avec intelligence les coulisses de la création.

Avec malice, l'auteur-metteur en scène tire les ficelles. S'inspirant de "Six personnages en quête d'auteur" de Pirandello, il revisite le style à l'aune du vingt et unième siècle. Avec cette perpétuelle mise en abyme ressortent les écueils possibles propres à l'I.A.

Cette réflexion pertinente, de toutes évidence pas uniquement écrite par l'I.A (mais un peu quand-même) montre avec habileté l'envers du décor. La seconde partie s'avère plus inattendue encore et le spectacle devient une variation ludique qui parle de théâtre sous toutes ses formes.

Tout ne fonctionne pas toujours mais la proposition est suffisamment originale pour qu'on s'y attarde. Mi-farce mi-pamphlet, "Un pur chef-d'oeuvre" (emmené par les épatants Léa Py, Isabelle Tanakil, Emilien Fabrizio, Jacques Fontanel, Stéphane Titeca et bien-sûr Alain Sachs) s'amuse avec les défauts de notre temps. Et présente une très jolie fin qui rend magnifiquement hommage au théâtre.