Spectacle de et avec Clémence Rochefort, mis en scène par Valentin Morel.

Sur le fauteuil du cabinet de psychanlayse où elle se rend régulièrement, Clémence cherche la raison de l'effacement total de sa mémoire pour l'année 2000. Alors elle évoque son père célèbre dont l'année en question correspond au souvenir d'acteur le plus douloureux : l'arrêt du tournage du film "Don Quichotte" de Terry Gilliam dont il devait tenir le rôle principal.

Dans "La Fille de Don Quichotte", Clémence Rochefort promène une étonnante personnalité à la fois réservée et poétique mais capable de toutes les extravagances à l'image de son grand comédien de père.

Et au fil des séances avec la thérapeute (Sabine Azéma en voix off), elle raconte le parcours de son père et son rapport avec lui, montrant une présence dramatique inouïe ainsi qu'une grande douceur dans la voix. Et, tandis qu'elle garde un sérieux impeccable, a soudain l'oeil qui pétille à l'image de son paternel.

D'anecdotes familiales en souvenirs de carrière, Clémence Rochefort dessine un portrait gracieux et touchant d'un homme extraordinaire où la jeune femme évoque la timidité maladive de son père et sa dépression. Mais aussi l'amour des chevaux et la poésie...

Et à travers le récit de la vie rocambolesque de cet homme d'une élégance rare, apparait une vraie réflexion sur le métier de comédien. Des images d'archives complètent cet émouvant témoignage porté par la musique douce de Vincent Delerm.

Mis en scène avec une grande délicatesse par Valentin Morel, "La fille de Don Quichotte" est un spectacle plein de tendresse d'une grande humilité qui fait naître une écoute rare dans la salle par sa sincérité.

D'une simplicité bouleversante, Clémence Rochefort marche doucement sur les traces de son père et s'affuble d'une fausse moustache pour lui rendre hommage.

Une évocation magnifique. Jean Rochefort pourrait être fier d'elle... Coup de coeur !