Il ne faudra pas chercher dans le nouveau disque du Miniatus Quartet une quelconque révolution esthétique. Ce n'est d'ailleurs pas son ambition. Par contre, on y trouvera des compositions solides, une énergie, une musique libre, de l’instant, post bop. Sa force réside dans une écriture profondément musicale, dans une manière d'habiter le temps et les mélodies et de laisser circuler une énergie aussi souple que constante.

Ici, la modernité ne passe pas par la rupture mais par une maîtrise collective qui privilégie le mouvement, l'écoute et la fluidité. Les compositions se déploient avec une remarquable cohérence. Elles évitent les démonstrations inutiles pour privilégier un discours clair, vivant et organique. Chaque thème possède sa propre identité mélodique, chaque développement s'inscrit dans une logique où les tensions et les résolutions se succèdent avec naturel. La musicalité, omniprésente, constitue sans doute la plus belle qualité de l'album. Les lignes se répondent, les timbres s’entrelacent participant pleinement à l'équilibre de l’ensemble. Benoît Baud (saxophone alto), Frédéric d'Oelsnitz (claviers), Basile Mouton (basse), Stéphane Foucher (batterie) se connaissent bien et cela s’entend.