Pièce de Wejdan Nassif mise en scène ar Bertrand Sinapi avec Amandine Truffy, les voix d'Ablema, Anwar, Elisabeth, Irfan, Jamal, Rafiq, Shahid, Wacila, Wejdan et les enfants de l'école des 4 bornes.

Réfugiée syrienne depuis 2014, Wejdan Nassif raconte son histoire mais également celles des autres réfugiés de son quartier de Borny à Metz qui sont palestinien, soudanais et ivoirien.

Sur un vaste plan incliné, la comédienne évolue au fil du voyage des personnages, symbolisés par des figurines qu'elle déplace, ballotés qu'ils sont par un destin qu'ils ne maîtrisent pas, dessinant en même temps une cartographie de l'exil.

A la façon du théâtre d'objets et en peignant doucement les tracés sur le sol, elle rend palpable ces touchants chemins de vie.

Seconde partie du diptyque sur l'exil entamé avec "Après les ruines", "À vau l'eau" raconte dans une sobriété bienvenue et sans le moindre effet de style chez l'autrice, une réalité mordante qu'ils ont tous en commun de devoir affronter mais aussi la beauté de ce qu'il peuvent rencontrer.

À vau l'eau rend compte de la difficulté de s'insérer malgré l'envie et une société cloisonnée où les réfugiés se retrouvent bien souvent rassemblés dans des zones difficiles où ils ne rencontrent jamais la plupart des habitants de la ville.

Amandine Truffy, comédienne émouvante délivre avec générosité le texte éloquent de Wejdan et évolue avec grâce sur la scénographie mouvante de Goury accompagnée par la composition musicale évocatrice de Lionel Marchetti et les voix des réfugiés qui magnifient un peu plus ces récits forts portés avec une pudeur bouleversante.

La mise en scène soignée de Bertrand Sinapi propose un spectacle esthétiquement superbe et sensible qui contraste avec l'âpreté du voyage et le passé chaotique des protagonistes, immergeant le spectateur dans une réalité qu'il ne peut souvent pas imaginer.