Art du dialogue, des questions - réponses, des lignes mélodiques et rythmiques qui s’entremêlent et se séparent, des timbres qui bouillonnent, dansent et virevoltent.

Entre Christophe Monniot, au saxophone alto et soprano, et Didier Ithursarry, à l’accordéon, le dialogue dépasse la virtuosité instrumentale. Leur complicité repose avant tout sur une écoute profonde et un souffle commun. Ils avancent dans la même direction musicale, sans jamais chercher à dominer l’autre. Chacun laisse de l’espace, accueille les propositions de son partenaire et nourrit un discours collectif où les deux voix sont totalement indissociables.

Cette manière de jouer ensemble évoque une conversation entre deux musiciens qui se connaissent intimement. Les silences ont autant de sens que les notes, les respirations participent au récit, et les timbres se mêlent avec une étonnante fluidité. Les lignes mélodiques s’entrelacent, se croisent, se séparent parfois pour mieux se retrouver. Cette circulation permanente de l’écoute crée une musique vivante, organique, où l’émotion naît autant de la finesse des échanges que de la beauté des thèmes.

Un sens commun que l’on retrouve dans leurs compostions comme dans celles des autres (Mingus, Coleman et Metheny, Pascoal ou Fauré).

Le titre Hymnes à l’amour prend alors tout son sens. Il ne s’agit pas seulement d’un hommage à l’amour au sens romantique, mais d’une célébration de cette relation musicale fondée sur la confiance, l’écoute et le plaisir de construire ensemble. Une histoire qui dure parce qu’elle est nourrie par le respect mutuel, la curiosité et le désir constant d’aller dans le même sens. À l’écoute de ce disque, on ne peut qu’espérer que cette belle aventure musicale se poursuive encore longtemps.