Un album de Mono, encore un pourrait on dire tant le groupe japonais accélère la cadence (2021, 2024, 2026 sans compter les albums live).
Alors est-ce que ce Snowdrop est toujours aussi pertinent, est-ce que le groupe n’a pas fait le tour d’un genre déjà maintes et maintes fois ressassé par autant de groupes plus ou moins intéressants ?
Certains diront sans doute que oui, y'en a marre, toujours ces mêmes rengaines, ces mêmes codes qui reviennent sans cesse. Tout finit par se ressembler et au final, écouter cet album ou un autre de 2006 par exemple, c’est du pareil au même.
D’autres par contre diront que oui, bien sûr, les Japonais ont encore quelque chose à dire (façon de parler évidemment, ça reste un album instrumental) et qu’il est bien difficile de se lasser de leur style, de ces sonorités de guitares reconnaissables, de ces morceaux à rallonges (le plus court fait 4:38) qui nous embarquent chaque fois dans un voyage onirique sans histoire.
Il y a forcément un peu des deux, et je ne m’attendais pas forcément à un nouveau disque après le superbe live commémorant leur 20 ans de carrière sorti en 2025 qui ressemblait à un bilan avant la clôture du solde de tout compte. Ou plutôt un bouquet final d’un feu d’artifice dans lequel il ne restait plus vraiment de jolies fusées à lancer.
Quoi qu’il en soit, les Japonais ont bien des ressources et arrivent encore à nous surprendre avec une recette pourtant quasi unique mais dans laquelle on est toujours surpris par les ingrédients qui semblent chaque fois utilisés dans des proportions différentes, ouvrants à chaque fois d’autres perspectives d’écoute, d’autres sensations à la fois familières et surprenantes. "Gerbera" par exemple nous donne l’impression d’écouter une version post-rock de "Atmosphere" de Joy Division. D’ailleurs, la production du disque même si elle est dans la continuité est évidemment aussi la première de leur carrière sans Steve Albini. C’est Brad Wood qui se colle aux manettes sans trahir le son reconnaissable de cette alchimie construite avec Albini.
On se laissera évidemment avoir par le très doux "Bells of Ireland". Vraie surprise du disque finalement qui enchaîne sur "Farewell to spring" de toute beauté. Et si Mono avait entamé sa mue avec ces deux titres qui terminent l’album ? Peut-être et ça ne peut augurer que de belles choses.
