"It respects no boundaries or Archimedes/it moves like a crown on a draughts board – any damn where it choose".
Depuis plus de vingt ans, Anthony Joseph façonne une œuvre singulière portée par la richesse de sa pensée et la force de son interprétation. Originaire de Trinité-et-Tobago et installé à Londres, où il mène également une carrière universitaire reconnue, il puise son inspiration dans les littératures, les musiques et les imaginaires de la diaspora caribéenne.
The Ark, son dixième album s’inspire de son premier roman : The African Origins of UFOs (sorti en 2006), un récit qui alterne entre futur, présent et passé. Fusion de science-fiction, de surréalisme, de mythologie et des rythmes carnavalesques du dialecte trinidadien, ce texte hybride unique, qui transcende les genres, brouille les frontières entre prose et poésie et soulève des questions complexes sur la mémoire et l’avenir. Il y explore des thèmes multiples et profonds : l’exil, l’afrofuturisme, le surréalisme, les tourments intérieurs ou encore l’amour. Cette traversée se déploie dans un univers sonore foisonnant, où se rencontrent les rituels vaudous, le calypso, le spoken word, le P-Funk de George Clinton et le jazz cosmique de Sun Ra.
Il représente la seconde partie d'une œuvre plus grande, commencée l'an dernier avec Rowing Up River To Get Our Names Back. Les sept morceaux qui composent cet album ont été enregistrés au même moment avec les mêmes musiciens : Aviram Barath (synthétiseur), Eska Mtungwazi (chant), Nick Ramm (Rhodes, synthétiseur), Dan See, Richard Spaven et Tom Skinner (batteries), James Wade Sired (trombone), Byron Wallen (trompette) et Colin Webster, Giacomo Smith (saxophones). On retrouve naturellement Dave Okumu, qui en plus de la production et des arrangements des deux albums, joue de la basse, des guitares, des synthétiseurs, des percussions.
Il y a quelque chose de profondément intense dans cette musique maîtrisée de bout en bout, quelque chose de philosophique, métaphysique presque, spirituel forcément. Une force dans la musique comme dans les textes. Magnifique.
