Vous vous souvenez des compilations de reprises décalées de Béatrice Ardisson, La musique de Paris Dernière ? Les différents morceaux de ce disque aurait pu y apparaître…

Au cœur de ce projet, Thomas Chignier assure le chant, la batterie et la direction sonore, tandis que Noé Macary développe un environnement électronique riche à travers synthétiseurs analogiques et traitements vocaux. Leur méthode de création repose sur la spontanéité : enregistrements de séances de jam, fragments mélodiques, idées esquissées ou moments d’improvisation servent de matière première.

Ces éléments sont ensuite assemblés, transformés et mis en perspective avec des compositions issues du Realbook, ce recueil de standards devenu une référence incontournable pour les musiciens de jazz. Avec donc des morceaux en rapport avec Frank Sinatra ("The Day of wine and roses", "April in Paris", "The Girl From Ipanema", "Night and Day", "You don't know what love is"). La confrontation entre musique électronique et ces standards peut surprendre mais cela match plutôt bien.

D’un côté, des standards de jazz, répertoire intemporel façonné par l’improvisation, l’élégance harmonique et l’interprétation. De l’autre, les textures électroniques, les synthétiseurs analogiques et les rythmiques inspirées du dancefloor. Le résultat est un objet musical hybride qui refuse les catégories traditionnelles.

Entre atmosphères chill, énergie club, italo disco et sophistication harmonique, leur projet offre une relecture inventive d’un patrimoine musical majeur, tout en illustrant la vitalité des échanges entre jazz et musique électronique au XXIème siècle.