Réalisé par Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga. Drame. 1h55. Sortie le 24 juin 2026 avec José Ramon Soroiz, Nagore Aranburu, Kandido Uranga, Zorion Egileor, Kepa Errasti.
Peut-on imaginer, a priori, qu'un film qui choisit comme sujet l'arrivée d'un vieil homosexuel ibérique en epahd basque puisse donner ce qu'on appelle désormais un "feel good movie" ?
Eh bien, c'est le cas de "Maspalomas" d'Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga.
Tout commence par le soleil sans nuages d'un lieu paradisiaque des Canaries, Maspalomas. Un homme entre soixante et soixante-dix ans découvre les activités buissonnières qui se déroulent aux alentours des dunes qui longent une plage d'un bleu intense. Emoustillé par ces préambules entre mâles consentants, il se rend, en soirée, dans la back room une boite gay et se laisse tenter par un beau mâle.... Mal lui en prend : AVC et cauchemar assuré. Vicente se retrouve loin des Canaries... et placé par sa fille en "maison de retraite".
Histoire que le film le décrive au bord du précipice final, dans un univers où le drapeau multicolore n'a pas encore droit de cité, et devant renouer avec une fille qui lui en veut toujours d'avoir quitté sa mère pour une autre sexualité...
Que ceux qui fréquentent les ehpad à la française se rassurent : en Espagne, pas de comparaison possible. Le film enjolive peut-être mais on sent un vent frais et un monde bien plus ouvert (c'est le moins qu'on puisse dire !) que les mouroirs punitifs livrés au business de la vieillesse de l'hexagone.
Plutôt que de se perdre dans un narcissisme fatigant, on aurait souhaité qu'Almodovar se colle à ce sujet. Non pas que les deux réalisateurs de "Maspalomas" n'y parviennent pas, mais pour être tout à fait satisfait, il aurait fallu peut-être un peu plus de causticité et de méchanceté. Mais, tant pis. Avec la performance de Jose Ramon Soroiz, toutes les scories du film sont oubliées. L'acteur basque crève l'écran et, évidemment, il a obtenu pour le rôle un Goya, équivalent espagnol d'un César. Sa prestation vaut surtout pour la manière dont il parvient à rendre crédible l'improbable retour d'affection mutuelle qu'il a avec sa fille.
La morale du film ne peut pas être critiquée : le mieux à faire quand on le peut encore, c'est de ne pas s'éterniser parmi des congénères qui se passionnent pour le loto du mercredi et pour la soupe du soir.
De Gaulle disait que la vieillesse est un naufrage, "Maspalomas" ouvre quelques espoirs. Certains diront que c'est du cinéma...
