Pièce de Georges Feydeau adaptée par Philippe Person et mise en scène par Florence Le Corre et Philippe Person avec Le Collectif Paradis.

Maintenant que Georges Feydeau est heureusement devenu un classique et plus dans les mains des boulevardiers, il n'est pas possible de ne pas venir rire à "La Dame de chez Maxim", peut-être son chef d'œuvre.

Mais, attention, la pièce dans sa version intégrale est très (trop ?) longue et nécessite quelques dizaines de comédiens. Il est donc nécessaire de procéder à des coupes, de réduire les personnages er de faire jouer plusieurs rôles à la distribution réduite. Cela peut nuire aux aventures ébouriffantes et drolatiques du docteur Petypon et de la Môme Crevette.

Pas de danger avec le travail méticuleux de Philippe Person, dont on connaît le souci de rendre les classiques de toutes sortes, de Racine à Arthur Miller, claires et compréhensibles.

Son adaptation, où n'apparait qu'une dizaine d'acteurs capables de se démultiplier, a le mérite de la clarté, presque de l'évidence. La mise en scène qu'il signe avec Florence Le Corre est précise, soignée et sans faute de goût. L'adultère est bon enfant, la môme Crevette a de l'appétit et de la répartie et les bourgeois, amateurs de chair fraîche et de bamboche, pas des prédateurs avant l'heure.

Dans le jus de la fin du 19e siècle, la pièce file à un bon rythme, qu'on soit dans un intérieur parisien ou dans une fête provinciale où les pécores sont à l'affut de la dernière mode parisienne, prêtes à adopter, la cuisse en l'air, le fameux "Et allez donc, c'est pas mon père !".

Philippe Person s'appuie sur les élèves de dernière promotion de l'école de théâtre du Lucernaire qu'il dirige. Il y a donc trois distributions possibles, ce qui pourrait donner aux plus accros le prétexte de retourner deux autres fois pendant l'été voir cette "Dame de chez Maxim" qui risque d'être le seul spectacle de qualité, et familial par-dessus le marché, à Paris à l'heure de la disette théâtrale.

L'avantage, c'est que la plupart des comédiens sont jeunes et heureux d'avoir une première expérience qui comptera. D'aucuns pourront trouver certains acteurs pas encore tout à fait au top, mais c'est aussi le charme de ce travail qui visible le plaisir plus que la perfection. Il faudra éviter de juger les uns et les autres, d'établir des hiérarchies : tous, qu'ils occupent les premiers rôles ou qu'ils croquent plusieurs personnages plus épisodiques, sont à fond et devraient s'aguerrir au fil des représentations. C'est une chance pour eux de pouvoir débuter avec un tel texte. C'est une chance pour les spectateurs de voir ce bel hommage à Feydeau, limpide et jouissif qui, à coup sûr, jouera les prolongations pour gagner un nombreux public. Ici, le rire est vainqueur.