Il arrive parfois qu’un disque déjoue les attentes pour mieux révéler sa véritable nature. In the Zone d’Alice Lewis appartient à cette catégorie d’œuvres qui demandent un léger temps d’adaptation avant de dévoiler toute leur richesse.
Parce que ce disque commence par une petite frustration. Pas une déception, une acceptation, celle de ne pas retrouver l’Alice Lewis chanteuse, celle de "Rolling Game", "Night's End", "La rencontre", "Ignorance Is Bliss" mais surtout de "Les ciseaux" ou de "Amour Asymétrique".
Non, dans ce disque, c’est une autre Alice Lewis, déjà croisée mais de manière moins prégnante sur Your dreams are mine ou No one knows we’re here. Une Alice Lewis qui ici s’éloigne volontairement du format chanson traditionnel pour explorer un territoire plus instrumental, plus atmosphérique et onirique et profondément électronique.
Dès les premières minutes, In the Zone affirme une identité sonore singulière. Il s’habille de noir, synthétique, la musicienne y travaille la matière sonore électronique, les timbres, un peu à l’ancienne. Certaines textures rappelleront les belles heures des années 70. Une posture esthétique et artistique pas si surprenante qui se matérialise par une musique féérique ("Quand j’allais dans les champs"), énigmatique ("In the zone", "Soleil si lourd", "Waiting for water") envoûtante ("Je sors de la nuit", "By the sea", "Frustration", "Sunrise") toujours belle.
Un disque habité, mystérieux et d’une beauté discrète, qui confirme l’étendue du talent de cette musicienne décidément insaisissable.anent que réside la véritable magie de son œuvre.
