"Heaven is a place on Earth beneath the golden sky"
Après Sundowner (2020) et This Is a Photograph (2022), ce huitième album vient clore ce que l’on pourrait appeler sa trilogie du Midwest. une trilogie cohérente et ambitieuse, dans laquelle l’artiste explore avec une rare sensibilité les paysages, les mythes et les contradictions de sa terre natale.
Une déclaration d’amour à cette terre, à ses paysages gigantesques mais rudes ("welcome to the Midwest, where the sky knows best, and you'll finally get some rest, 'Til the tornado sirens start harmonizing"), ses gens. Une nature qui se confond souvent avec les sentiments humains et une forme de mélancolie existentielle : "The hills, they all landslide, tornadoes strip the plains, and my whole Earth quakes, when I find a good thing" et "That love may not want you, then that love will haunt you and no, you won’t die they’ll just simply leave your side".
Une quête d’introspection, de questionnement de soi, sur l’enfance, sur ce qu’est être au cœur de l'Amérique profonde, la solitude est au coeur de ce disque, et une question universelle : comment se construire sans renier ses racines ?
La production d’Aaron Dessner (The National) met en relief cette musique folk intense aux mélodies poignantes accompagnant parfaitement la voix de Morby, dont la fragilité assumée devient l’un des principaux vecteurs d’émotion. Le chanteur y dévoilant tout ses doutes, ses blessures et ses espoirs.
En cartographiant musicalement les Etats-Unis (New York, Los Angeles, Memphis…), Kevin Morby en est l’un de ses plus merveilleux conteurs.
À la croisée du récit intime et de la fresque américaine, ce Little wide open est un album magistral, qui s’impose déjà comme l’un des sommets de sa discographie.
