"Everything in perpetual motion… We’re all just passing through"
Le grenier de sa vaste demeure victorienne de 1892 à Portland, dans l’Oregon, quelques jours d’août, des amis (Sebastian Owens à la contrebasse et à la clarinette basse, Sam Weber à la guitare au piano, Danny Austin-Manning à la batterie et aux percussions, Anna Tivel au violon et aux chœurs…), une chatte dormant sur les préamplis et dans les étuis de guitare et ce magnifique disque.
Loin de la surenchère sonore, cet album fait le choix de l’épure. Chaque instrument trouve sa juste place dans des arrangements d’une grande retenue, privilégiant la respiration, le silence et la nuance. Cette sobriété n’est jamais synonyme de dépouillement, elle constitue au contraire le socle sur lequel s’épanouit toute la richesse émotionnelle des compositions. Les textures acoustiques, les harmonies discrètes et la chaleur organique de l’enregistrement rappellent les grandes heures du folk américain, lorsque la sincérité de l’interprétation primait sur toute démonstration technique.
"Night after broken night, she stumbled down that gravel road, black bird flies, ocean eyes, ravaged body, buried like a key."
Dans ce cadre volontairement dépourvu d’artifice et d’argutie, le talent d’autrice-compositrice d’Alela Diane apparaît avec une évidence lumineuse. Sa voix, douce et fragile sans jamais céder à l’affectation, porte des textes empreints de vulnérabilité, de sagesse et de contemplation. Who's Keeping Time ? est un disque qui prend le temps de raconter, d’observer et de ressentir. Une œuvre artisanale au sens le plus noble du terme, où la simplicité devient une force expressive majeure et où l’esprit de l’americana s’incarne dans toute sa profondeur humaine et poétique.
