"taking the first step into the arms of wherever, whenever"
C’est beau, après 30 ans de carrière, ce I built a tower est leur onzième album, de sortir, peut-être son meilleur disque. Enfin meilleur ne veut rien dire mais disons-le plus intéressant musicalement. Quand chez eux la pochette est orange, on sait que l’album sera très bon.
Plus qu’un simple nouveau chapitre, ce disque apparaît comme l’aboutissement artistique d’un parcours entamé dans les années 1990 et confirme la place du groupe parmi les formations majeures du rock indépendant contemporain.
Ce disque sonne déjà comme une nouvelle naissance. Changement de label : après 20 ans dans la major Atlantic, le groupe passe chez Anti et gagne en liberté et vitalité. Ensuite, ce I built a tower serait comme la quintessence de ce que peut proposer le groupe emmené par Ben Gibbard, soit un rock sensible et romanesque.
Enregistré en quelques jours, sous l’égide de John Congleton (St. Vincent, Mogwai, The Decemberists, Angel Olsen…) avec cette envie d’immédiateté, d’efficacité et d’honnêteté, I built a tower est un disque magnifique dans ces cavalcades ("Punching The flowers", "How heavenly a state", "Envy the birds") comme dans ses moments plus apaisés ("Full of stars", "Stone over water", "I built a tower", "Trap door").
Ben Gibbard ne cache ni ses blessures ni ses fêlures, et, si dans Kintsugi il y avait quelque chose de sombre, il y a dans cet I built a tower quelque chose de plus lumineux mais résigné également. L’espoir n’efface pas les cicatrices, mais il cohabite désormais avec elles.
Et puis cette voix qui donne toujours autant de frissons. Les émotions omniprésentes.
Une qualité dans l’écriture (texte comme musique), un son tout en rondeur, de superbes mélodies, une intensité, une esthétique rock emo avec des teintes parfois new-wave ou math-rock. Peu d’artistes parviennent, après tant d’années d’existence, à produire une œuvre aussi inspirée et pertinente et Death cab for cutie est au sommet de son art.
