Le soleil pendant 3 jours, c'était la promesse de Art Rock cette année et effectivement, après des années de déluge, cette bizarrerie climatique a plongé le festival dans trois magnifiques jours de canicule, de musique et d'art à guichets fermés.

Après un premier jour malheureusement manqué où la très attendue Marguerite a affirmé le début de sa grande tournée suivie par l’incroyable et unique Gildaa enfin sur une scène au niveau de son talent, nous arrivons déjà au samedi, deuxième jour des festivités avec un cataclysme matinal sur la programmation : après l’annulation de The Kooks le mois dernier, c’est au tour de Véronique Sanson, hospitalisée d’urgence, de quitter l’affiche de ce week-end.

Jeanne Cherhal, fan de la première heure, est rapidement annoncée pour la remplacer au pied levé. La chanteuse, seule au piano, apparaît émue de remplacer la légende et n'hésitera pas à mélanger quelques titres mythiques de sa chanteuse préférée, "Vancouver" en tête, au milieu des nouveaux titres issus de son dernier album Jeanne.

Autre artiste sur la grande scène ce soir, l’incroyable Miki, découverte il y a deux ans aux Transmusicales et désormais étoile montante de la pop française. Le show est évidemment conforme aux attentes, bourré de folie et d'astuces en mode power trio avec sa guitariste et un batteur déchaîné. Naviguant sur scène et dans la foule, elle finira au milieu du public, en parfaite communion avec ses fans.

Pendant ce temps, sur la petite scène B, la place se remplit régulièrement au son des découvertes, cette année dans un registre plus rap et soul funk avec Camille Yembe ou Tallou dans un superbe spectacle de fin de soirée.

En cette fin de soirée, remplaçant The Kooks, Apparat qui nous avait déjà séduit sur disque, profite de la ferveur et la chaleur de cette grande journée pour proposer un rock expérimental bien loin de l’image électro de ses précédents albums. On penche vers Radiohead, du post-rock et après le Last Train d’hier, le festival fait une belle place à la musique bruyante sur cette grande scène.

Et c’est déjà le dimanche, toujours en plein soleil en attendant les 35 degrés attendus pour la semaine suivante. Démarrage avec le fameux brunch de Rock'n'toques, immanquable sur la place de la Poste, avant d’assister à l’hypnotique spectacle de Jan Martens où les danseurs performers sautent une heure durant jusqu'à l'épuisement.

Puis retour devant les grandes scènes pour une belle soirée de mélange en démarrant par le concert de Bertrand Belin, rare en festival, dandy épatant chargé de l'héritage de Bashung.

Il sera suivi par les Babyshambles, revenus d’entre les morts avec un Peter Doherty désormais amateur de beurre et de bon fromage qui compense le manque d'excès par une sympathie rare. Le public est conquis par les Britanniques et leurs tubes inoubliables et même si les trublions ont un peu perdu de leur fougue, le moment reste de tout premier ordre pour les amateurs de punk-rock.

Enfin, en attendant Gaëtan Roussel, passage sur la scène B pour découvrir le live déchaîné de Danyl, révélation du rap / raï, déjà prêt à conquérir les ondes et les salles de concerts pour les prochaines années. C'est vif, percutant et, juste avant le set chaleureux de De La Soul sur la grande scène, l'occasion idéale de danser une dernière fois dans la nuit moite de Saint-Brieuc.

Musiques actuelles, arts plastiques, danse et gastronomie, Art Rock demeure une fois de plus le rendez vous idéal pour les amateurs d’arts de toutes sortes.

Crédit photos : Frédéric Villemin (Toute la série sur Taste of Indie)