Déjà auteurs de deux albums, voici arriver Constant Farewells, nouveau disque du groupe Trainfantôme (en un seul mot). Trainfantôme, c’est une groupe mené par le Lorientais Olivier le Tohic dont la musique sonne comme un mélange de shoegaze et de grunge. Ça sent donc bon les années 90 sur cet album qui apporte autant de fraîcheur que de nostalgie.

A travers quelques collaborations inspirées (Clarence, Teenage Bed, Terreur mais aussi Kellii Scott, batteur du groupe américain Failure), Olivier le Tohic franchit le cap du troisième album sans forcer.

Certains titres envoient du lourd comme sur "Desire Path" avec son petit riff cold wave et sa rythmique basse batterie qui dégomme le mur du son ou encore "Rituals" et son chant quasi incantatoire, tandis que d’autres se font plus lancinants comme l’excellentissime "Here the mermaids play", beaucoup plus shoegaze qui ressemble à un hommage qui mélange My Bloody Valentine et Nirvana, voire Teenage Fanclub pour cette facilité mélodique ou encore "Origami", autre sommet de l’album pour moi qui suis fan de shoegaze et qui sonne comme du Slowdive énervé ou pour rester dans la Bretagne, les éphémères mais excellents Soon, She Said.

Alors oui, à mon sens ces deux morceaux sont les sommets de l’album (sans oublier l’improbable challenger "Skins make one" à la fois très pop / rock us avec son passage au piano mais qui, sans crier gare, convoque les pédales shoegaze sur le refrain, histoire de mettre un peu de citron avec votre tequila) mais nul doute que si vous êtes plus enclin à écouter du rock un peu plus "lourd", quelque part entre du grunge énervé ("Avoider") et du rock puissant ("Rituals"), vous trouverez aussi largement votre compte.

Sucre glace électro sur le gros gâteau rock, "Red herring" vient interrompre le flux de grosses guitares et de voix furieuses avec ses 4 minutes d’électro-rock étonnante avec une voix qui n’est pas sans rappeler cette de Fabien des excellents stéphanois de B R OAD WAY (musicalement aussi d’ailleurs).

Finalement, Constant Farewells réussit un mélange des genres sans jamais forcer le trait et avec un grand naturel. Ca peut peut-être destabiliser les fans hardcore d’un style ou d’un autre, mais en tant qu’auditeur oecuménique, j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter les 11 titres de ce disque éclectique sans être disparate.