"Début 2023, je découvre par hasard une pièce pour guitare – Portu errota – d’un compositeur basque dont je n’ai jamais entendu parler, Antón Larrauri. Ayant moi-même des origines basques, je me mets à chercher d’autres compositeurs mais aussi des œuvres en lien avec le Pays basque. Je découvre alors tout un répertoire de guitare que je ne soupçonnais pas, dont une partie n’a été que très peu diffusée, voire même jamais été enregistrée. C’est comme ça que commence l’histoire de ce disque…".
Il arrive que certains projets musicaux naissent moins d’un programme que d’une rencontre. Pour le guitariste français Arkaïtz Chambonnet, cette rencontre porte un nom : Portu errota, œuvre du compositeur basque Antón Larrauri. Découverte presque par hasard au début de l’année 2023, cette pièce devient le point de départ d’une quête artistique qui le conduira vers un patrimoine rarement exploré : celui de la guitare classique liée au pays basque.
Après la découverte de la pièce d’Antón Larrauri, Arkaïtz Chambonnet va lentement plonger dans ses racines, tirer un fil, donner une suite à Essences baroques (Ad Vitam records 2016) nous emmener en terre basque pour construire un programme où identité culturelle et recherche musicologique se rejoignent.
On y croisera Sebastián Iradier ("La Paloma"), Antonio Jiménez Manjón ("Aire vasco"), José Antonio de San Sebastián ("Errimina"), Sebastián Iradier ("La Rubia de los lunares"), Federico Moreno Torroba ("Castillos de España : Javier, Olite"), Isaac Albéniz ("Zortziko"), Antón Larrauri ("Tríptico vasco", "Portu errota"), José Tomás Mújica ("Suite vasca") ou José María Franco ("De Andalucía").
On y entendra cette incandescence, cette idiosyncrasie culturelle espagnole, beaucoup de finesse, d’intensité. Chambonnet y met son coeur c’est évident. Le résultat dessine une autre cartographie de la guitare espagnole : moins folklorique qu’on pourrait l’imaginer, plus nuancée aussi. Entre lyrisme, élégance harmonique et mémoire populaire, Cordes basques révèle un répertoire qui, pour partie, n’avait jamais véritablement trouvé sa place au disque.
Plus qu’un hommage aux racines, le projet apparaît comme une opération de transmission : rendre audible une histoire restée trop longtemps en périphérie du grand récit de la guitare classique.
