"Ce tourbillon
De nacre bleue
C’est des boutons
Pas contagieux
Plie ton veston
Oublie l’épate
Découd le nom
De ta cravate"

Si, comme le disait la société Powell Peralta "Skateboarding is not a crime", le musette non plus n’est pas un crime !

Allez, on ferme les yeux, deux pas de danse, et on se retrouve près de la rue de Lappe au début du siècle dernier. A cette époque on s’amuse, grâce à une forte communauté auvergnate, aux sons de la cabrette (ou musette) cornemuse dont la poche d’air est gonflée à l’aide d’un soufflet. Petit à petit, l’accordéon supplantera la cabrette et fera danser, dans un grand métissage à l’image des Parisiens d’adoption venu y trouver du travail, mazurka, polka, tango, paso doble, fox-trot, rumba et cha-cha et la fameuse valse musette.

En 1986, sûrement dans un café parisien, est né entre le musicien Dominique Cravic et Robert Crumb, dessinateur underground, joueur de banjo et de mandoline l'idée des Primitifs du Futur. Depuis, ils redonnent vie à cette musique oubliée avec soin et un réel enthousiasme.

Avec tout un tas de copains : Cedrik Boule, Dominique Pifarely, Sanseverino, Daniel Mille, Jean-Yves Dubanton, Raúl Barboza, Alain Jean-Marie, La Baronne de Paname, Hervé Legeay, Christophe Lampidecchia, Vincent Segal, Ophélia Bard… résonnent des titres ("Accordéon de Paris et d’ailleurs", "Dans le jardin du Luxembourg", "Cool paradis", "Momo Mandole Delight", "New Moon dreams", "Le tombeau de monsieur Gino Bordin"…) comme sortis d’un vieux grenier. Et de ses souvenirs semblent apparaître parfois les fantômes d’Henri Salvador, Juliette Gréco, Richard Anthony, Gus Viseur ou Tony Murena.