Deliverance est un groupe français formé en 2013 autour d’Étienne Sarthou, notamment connu pour Karras et AqME, et de Pierre Duneau, chant, ex-Memories of a Dead Man.

Voici leur quatrième album, paru chez l’excellent label Les Acteurs de l’Ombre — on ne le dira jamais assez ! —, un disque singulier dans le paysage metal français actuel. On y croise du black / sludge, des couleurs post-rock, des sonorités psychédéliques et même progressives, notamment grâce à des couches plus ou moins discrètes de synthétiseur. 

Dès "Hellisual", longue ouverture de plus de huit minutes, Deliverance impose son univers : riffs tranchants, voix abrasive, mais pas seulement. Le morceau nous plonge d’emblée dans son banquet cosmique avec des ruptures psychés. C’est encore plus évident sur "Chasing the Dragon", avec ses notes de synthé très seventies, qui n’empêchent toutefois jamais le titre de conserver une vraie lourdeur.  On est ainsi écartelé dans une certaine mesure entre l’obscurité et la quête de lumière vers un autre univers. 

Sur "Headspace Collapse", la voix se fait plus calme, presque en apesanteur — attention, on n’est pas non plus chez Calogero —, avec un côté Pink Floyd très présent. 

L’hallucination se poursuit avec "Turn On, Tune In, Drop Out", titre au développement progressif qui accentue encore la dimension psychédélique du voyage. La conclusion se fait ensuite en deux temps : d’abord avec "The Banquet – Part 1", très black metal, presque behemothien par moments, véritable tuerie ; puis avec le très étonnant "The Banquet – Part 2", qui marque une fin brutale et une arrivée vers la lumière ? Mystère. 

En tout cas voici un album dense, aventureux et complexe, difficile à ranger dans une seule case, quelque part entre black, sludge et psychédélisme. Mais c’est précisément ce refus du confort et de l’étiquette qui rend ce voyage musical aussi intéressant.