Texte et mise en scène de Margaux Conduzorgues, avec Juliette Duret, Loïc Armel Colin et Julie Schotsmans.

Dans le cadre du Festival Toi, Moi & Co, la Maison des Métallos a accueilli pour une représentation exceptionnelle la Compagnie Mille Juillet et sa pièce Mon âme au diable.

Sur la scène, une maison tubulaire et luminescente, à l'image d'un dessin d'enfant naïf, lieu d'un fracassement intime annoncé.

Trois personnages, Lionne, jeune mère isolée et débordée, son mari Gabriel, égocentrique et perfide, ainsi que l'exubérante Madeleine, meilleure amie de Lionne, vont vivre à huis clos l'usure inexorable des interactions du trio, où chacun cherche une place que les deux autres contestent... jusqu’à l'effondrement.

Lionne est une jeune mère, qui semble s'asphyxier dans un quotidien qui l'isole du monde, de son propre monde en premier lieu.

Son mari, Gabriel, qui travaille beaucoup, est constamment fatigué et ne prend aucunement part à la construction familiale.

Sa meilleure amie, Madeleine, est le reflet inversé de sa réalité du moment, faisant le récit d'une vie nocturne faite de rencontres et d'aventures.

Dans l’indifférence manifeste de ses proches, Lionne s'éteint peu à peu.

Mais une lettre anonyme menaçante, adressée à Lionne, va venir transformer un quotidien anesthésiant en thriller dérangeant. Qui est ce sadique corbeau qui joue à effrayer chacun des protagonistes ? À quelles fins ?

Mon Âme au Diable interroge la place d'une femme qui cherche à réinventer son existence, dans un mouvement de balancier qui va d'une vie en sourdine à une folle quête vitale. Comment échapper à cette construction sociale et familiale perverse et mortifère ? Faire le choix ultime de la déconstruction, quitte à flirter avec la folie ? Quelles frontières est-on prêt à franchir pour briser ses chaînes et enfin exister ?

Mon Âme au Diable donne à voir la complexité de l'âme humaine.

La mise en scène suit la partition des interactions entre les trois personnages, et illustre avec créativité le dedans et le dehors par le biais du décor, ainsi que ce qui se joue dans les lieux de l'intime. 

Les trois comédiens incarnent leur personnage avec engagement et sincérité, brouillent les pistes, et nous posent questions : que disent les stéréotypes que chacun semble incarner, quelles sont les failles et les remèdes, et comment s'extraire d'une destinée qui ne nous convient pas ? 

Dans un tourbillon effréné, Lionne Gabriel et Madeleine vont tenter, chacun à leur façon, de sortir du sillon de vie qui leur semblait prédestiné et incarner in fine leurs aspirations personnelles.