Ah la catharsis, se connecter à ses émotions, s’encourager à la réflexion et à l’introspection.
Depuis 2012 et jusqu’à ce huitième album, Alex Keiling (The Wooden Wolf) compose des chansons qui ne cherchent pas l’éclat immédiat, mais cette lumière discrète qui vacille dans les chambres intérieures. Sa musique semble marcher à pas lents dans la nuit, entre les ombres de Jason Molina, Alice Mudgarden (on pensera parfois à ces MTV unplugged datant des années 90) ou Will Oldham, loin des refrains tapageurs, proche au contraire des silences qui obligent à écouter ce qui tremble en nous.
Voix profonde, boisée, guitare folk, hantée (le miroir du territoire à conquérir), mais sa présence n’a rien de fantomatique, bien au contraire.
Malgré les fêlures, il reste toujours une clarté. il y a toujours cette lumière (si palpable dans "Amok"), ces mélodies (parfois arides). Une présence chaude, humaine, qui traverse les chansons comme une braise sous la cendre. Là réside peut-être la force d’Indigo Prayers : transformer la mélancolie en refuge, et faire de la solitude non pas un enfermement, mais un espace de contemplation.
Écouter The Wooden Wolf, c’est accepter de ralentir, de regarder en soi comme on regarde un ciel d’hiver : avec gravité, mais aussi avec cette étrange paix que procurent les paysages intérieurs enfin reconnus.
