Imagine une petite minute, mon petit lecteur adoré, que des rockers se mettent à faire une musique pour danser. Imagine un peu. C'est un peu le pari de Discozero.

Le quatuor est né de la rencontre de Katia Jacob qui est bassiste, joue des synthés et assure les chœurs dans Glaciation et Vent Debout, de Nicolas Foucaud, guitariste et choriste également au sein, notamment de Los Disidentes Del Sucio Motel, de Kwoon ou Sapiens et Matthieu Miègeville, chanteur de My Own Private Alaska, Transformer le Négatif en Positif en 2021 lors d'un coaching scénique en vue de la préparation du Hellfest de Los Disidentes Del Sucio Motel. L'alchimie est immédiate et Nico fait appel à Zacharie Mizzi, batteur, ex-Bright Curse, rencontré en tournée quelques années plutôt.

Ils créent donc Discozero qui propose disent-ils un rock à la fois dansant et sombre. D'emblée, "Joy & Fire" qui ouvre le disque nous emporte sur une vague presque dansante, un peu à la Caesaria pour ceux qui connaissent. Mais on retrouve aussi une influence de Last Train sur le titre "Coffee. Drive.".

J'avais peur quand "And Again" a commencé que tout l'album soit dans la même veine. Mais c'est un complet retournement avec "Get it ! Get It ! Get It !" (dont je te conseille le clip, mais n'hésite pas à aller voir les autres sur leur chaîne YouTube). Et "Forgive Forward" plus sombre, plus posé. Les hostilités reprennent avec "Mary & Jesse &".

Les riffs sont acérés, les mélodies restent bien accrocheuses, que les titres soient rapides ou avec un tempo plus lent. Jusqu'à un final... que je qualifierai de monumental. Mais c'est mon avis et peut-être même mon titre préféré, au titre révélateur : "Do You dance ?". 8 titres de Rock qui font bien bouger le popotin comme on dit.

On apprend que leurs textes interrogent l'opposition entre création artistique et système capitaliste, le rôle cathartique de la danse et le rôle social des comportements collectifs. Ils affirment une identité singulière, marquée par le second degré et le goût du fun, du cool et du plaisir de jouer ensemble et maintenant (sic).

C'est bien beau tout ça mais le résultat est-il à la hauteur ? Oh que oui ! Et la volonté assumée du groupe de faire cohabiter un large spectre d'influences au sein d'un même projet est parfaitement atteinte et avec brio. On danse, on crie, on headbangue et on s'éclate, en tout cas c'est mon cas à chaque écoute.

Ils ont mis deux ans pour écrire et enregistrer ce disque et fait marquant : entièrement à distance. Un album né de l'échange de fichiers, d'allers-retours, de quelques répétitions quand même. Nico qui devait simplement faire un pré-mixage réalise le mixage complet et c'est Alain Douches qui assure le mastering.

Le titre est une phrase lancée un jour par Zach qui voulait expliquer les absurdités du monde. Résulte un album plein d'énergie, plein de rage aussi mais une énergie qui donne envie de danser quand même assez souvent, même si le groupe dit qu'ils ne savent pas danser mais savent remuer leurs fesses. Je les rassure, c'est pareil pour beaucoup de monde mais c'est tellement libérateur de se secouer en rythme (enfin plus ou moins pour certains, mais je n'ai rien dit).

Je vais laisser la parole au groupe pour conclure qui explique que tout cela "passera par des boules à facettes. Peut-être pas trop propres. Peut-être un peu cassées. Comme nous. Car non, nous ne faisons pas de disco. Mais oui, vous allez bouger avec nous".