Pièce de Léon Tolstoï, adaptée et mise en scène par Françoise Petit avec Anne Richard et Nicolas Chevereau et la participation amicale de Jean-François Balmer.

Dans le domaine familial à la campagne où elle vit avec ses deux soeurs, la jeune Macha, après la mort de son père, voit arriver pour aider les soeurs dans leurs démarches administratives, un ami de celui-ci.  

Au fil de ses visites de cet homme, d'une vingtaine d'années plus âgé, Macha verra naître pour lui un sentiment d'amour qui la mènera jusqu'au mariage. Mais les espoirs du début se heurteront aux dures réalités de vie conjugale et elle finira par déchanter.

La nouvelle de Léon Tolstoï écrite en 1859 décrit à la première personne toutes les réflexions et tous les sentiments qui traversent l'héroïne dans cette découverte de l'amour puis de la vie de couple.

Sur scène, Anne Richard interprète Macha avec une justesse confondante. Il ne se passe pas une seconde sans qu'elle n'exprime chaque détail de l'évolution des ressentis de la jeune femme de 17 ans qui s'ouvre à la vie en même temps qu'à l'amour.

D'une précision infinie, dirigée avec énormément de subtilité par Françoise Petit, la comédienne porte le récit splendide de Tolstoï pour en faire un bijou de grâce et d'émotion. Elle est extraordinaire de sincérité et de nuances.

Pour la soutenir, au piano officie avec sobriété et talent Nicolas Chevereau, d'une présence authentique, pour jouer avec virtuosité la sonate Quasi una fantasia de Beethoven qui se prête à merveille à cette narration romantique et introspective. 

On apprécie également les apparitions répétées et quasi muettes de Jean-François Balmer dont l'oeil malicieux marque ce récit délicieux.

Voir Anne Richard en Macha c'est assister à un grand moment de théâtre, c'est découvrir une comédienne dans toute la maîtrise de son art transmettre la multitude d'émotions de son personnage, en faire percevoir tous les tressaillements de son être intérieur... Un travail de dentellière devant lequel on ne peut que s'incliner.