Musique très cinématographique, un peu naïve parfois par ses sonorités mais diablement efficace en ce printemps certes ensoleillé mais plutot tristounet en termes d’actualités.

Quel curieux destin que celui de Abdou El Omari ! Né en 1945 du côté d’Agadir, il se lance dans la musique, fait le conservatoire, devient luthier et au début des années 70 , fasciné par le rock de l’époque, notamment l'avènement des premiers "claviers rock" fait du Farfisa son instrument de prédilection.

Finalement, il se lance dans la coiffure, ouvre une école de coiffure réputée au Maroc, écrit des chansons pour les autres et publie son unique album Nuits d’été en 1976. Abdou mélange les genres et en fait émerger un nouveau, le sien propre, entre jazz, psyché et musique folklorique marocaine, le tout réhaussé des sonorités uniques de son fidèle Farfisa.

Aussi multi casquette que énigmatique, on perd sa trace jusqu’à ce qu’un de ses amis retrouve des cassettes des années 80 qui font donc l’objet ce cet album Lost Tape 1980.

On y découvre un artiste qui expérimente, qui joue, qui s’amuse devrait-on dire du mélange des genres, c’est joyeux, c’est parfois dense et parfois plus léger. Les sonorités de ses Farfisa et de son ARP Odyssey pour lequel il était connu font le job et nous font voyager à la fois dans le temps et dans le Maroc rêvé de Abdou el Omari.

Un disque à découvrir pour les curieux, mais aussi pour un public à la recherche d’une certaine fraîcheur, attiré par des images d’une époque passée mais qui laisse plein d’images en tête, réelles ou fantasmées au travers l’imagination de ce drôle de personnage et grand artiste de son époque. Sorte de culte vivant pour certains.