Imaginez une version latino et moderne de Catherine Lara. C’est un peu exagéré, Yilian Cañizares, née à la Havane et installée en Suisse depuis une vingtaine d’années, ne partage pas grand chose avec la chanteuse française hormis justement le chant et le violon.
Enregistré notamment avec le bassiste mozambicain Childo Tomas et le percussionniste cubain Inor Sotolongo, ce Vitamina Y est un disque haut en couleur, tout en groove afro-cubain, une énergie jazz, accents arabo-andalous, musiques d’Afrique noire, réminiscences "classiques", spiritualité. Une transversalité parfois surprenante ("Yo vine a ver", le magnifique "Volver a Empezar", "Nuevo Ciclo", "Ah l’amour", "Aún no tiene nombre") mais d’une telle fluidité, honnêteté qu’elle fonctionne parfaitement.
Les lignes de la voix et du violon de Yilian Cañizares dialoguent avec une solide base rythmique et parfois avec la kora et le chant de Moi Maiga ou Mehdi Nassouli, la viole de gambe de Ronald Martin Alonso, construisent des ponts entre les continents, donnent envie de danser, rêver…
Richesse des influences, des nuances et des dynamiques. Il y a beaucoup de générosité dans ce disque…
