"I’m not being corny, this shit is real"

Pour qui ne le saurait pas Flea (Michael Peter Balzary de son vrai nom) est le bassiste fantasque et virtuose des Red Hot Chili Peppers. Mais ce n’est pas qu’une puce sauteuse jouant nue de son instrument, le sexe dans une chaussette, les cheveux teints, le sourire presque démoniaque avec son style de jeu énergique et expressif facilement reconnaissable.

Avec Honora, du nom de sa belle-mère iranienne en photo sur la pochette, il publie un premier album solo qui constitue comme un portrait du musicien : de la basse naturellement avec du slap, ce groove incroyable précis, sinueux, cette façon de jouer les mélodies, les harmonies mais également de la trompette (avant de jouer de la basse, il avait commencer la musique par la trompette et l’instrument ne l’a jamais vraiment quitté), du funk et des amis Thom Yorke, Nick Cave, Josh Johnson, Jeff Parker, Deantoni Parks, John Frusciante, Mauro Refosco, Derek Davis et Nate Walcott ou Warren Ellis

Entre compositions, quelques reprises "Maggot Brain" de Funkadelic (pas une surprise), "Thinkin Bout You" de Frank Ocean, "Willow Weep For Me" d’Ann Ronell ou "Wichita Lineman" de Glen Campbell brasse ses influences jazz (Miles Davis, Chet Baker, Alice Coltrane, Pharoah Sanders, West Coast Get Down….), funk et pop.

Quelques belles réussites : le tourbillonnant "A Plea", "Traffic Lights" avec Thom Yorke, le nébuleux "Frailed", "Maggot Brain" et "Thinkin Bout You" lumineux. Cela joue très bien, il y a un réel effort sur le son et la production (son caractéristique de Josh Johnson ou Jeff Parker) mais tout cela n’est pas très punk, plutôt sage et old school (le be-bop "Morning Cry", "Free As I Want to Be", "Wichita Lineman" avec Nick Cave). On espérait que ce disque soit celui qu’il aurait pu faire s'il n’avait pas rencontré Hillel Slovak au début des années 80, mais nous ne sommes plus dans les années 80, Flea n’a plus vingt ans et ce disque avec toutes ses qualités manque quand même cruellement du grain de folie qui le caractérise.