La chanteuse Etenesh Wassié a commencé sa carrière au début des années 90 à Addis-Abeba dans des azmaribéts, ces cabarets, véritable institution, où l’on chante, improvise souvent avec ironie et de manière mordante la société éthiopienne.

Une reconnaissance qui l’amènera à rencontrer le musicographe et directeur de la collection discographiques des Éthiopiques Francis Falceto qui l’invitera sur plusieurs disques puis à collaborer avec le groupe Tigre des platanes et des musiciens du collectif toulousain Freddy Morezon. Une collaboration qui se poursuit dans ce disque enregistré avec Mathieu Sourisseau (basse), Fabien Duscombs (batterie), Mathieu Werchowski (violon) et Sébastien Bacquias (contrebasse).

Il y a une tension presque permanente dans cet Arada porté par la voix puissante, éraillée, très timbrée d’Etenesh Wassié. On est transporté dans le quartier d’Arada, dans ses pulsations rocailleuses, dans ce blues africain, dans ces musiques modales. Le violon de Mathieu Werchowski évoque les arabesques du messenqo (violon monocorde traditionnel éthiopien aux sonorités si particulières) alors que les autres musiciens se marient à l’énergie communicatrice de la chanteuse. Le disque se termine avec un "Akalé", a cappella, d’une grande puissance évocatrice, coda d’un disque envoutant.