On a beau le répéter la formule pour faire un excellent disque "pop / rock indé" est assez simple : efficacité mélodique, soin apporté à la construction des morceaux et des textures, une énergie. À cela on pourra naturellement rajouter les textes, de l’audace, de l’authenticité, un savoir faire et un savoir-être.
Cette formule, le groupe allemand The Notwist la maîtrise depuis un petit bout de temps. Sous différentes formes, différentes versions et en constante évolution : rock costaud à ses débuts (le hardcore The Notwist, Nook), plus subtile (Shrink) avant le chef-d’oeuvre plus electro (Neon Golden) suivi du non moins magnifique et impressionniste The Devil, You + Me. Moins célébrée mais pétrie de qualités, il ne faut pas oublier la triplette Close to the glass / Messier objects / Vertigo Days. Les alternances de line-up, la présence pendant quelques années de Martin Gretschmann, alias Console n’étant pas étranger aux changements d’esthétiques.
Ce disque nous balance ses chansons au visage comme si nous étions au début des années 2000 (rien que ce son de guitares…) et franchement, ce n’est pas si mal. Plus direct, plus incisif ("X-ray", "The Turning", "Silver Lines"), aussi bien musicalement que sur le plan thématique, ce News from planet zombie est un disque passionnant, foisonnant, cette capacité notamment à se montrer capable d’une grande finesse ("Teeth", "Snow", "Who we used to be", "Projectors", "Like this river") et d’embardées nettement plus rock, la dichotomie entre les deux premiers titres : "Teeth" et "X-ray" en est un parfait exemple. C’est la marque de fabrique du groupe, le soin apporté aux moindres détails, aux arrangements, aux timbres, aux dynamiques.
Si Neon Golden est un chef d’oeuvre, chaque disque de The Notwist est essentiel, ce disque l’est également.
