En 2019, il lui consacrait son premier disque en solo et il suffit de voir le nombre de vidéos de François Mardirossian dédiés à Moondog (1916-1999) depuis des années sur YouTube pour se rendre compte du lien très fort qui unit le pianiste avec le compositeur.
C’est bien Louis Thomas Hardin (Moondog) qui pourrait faire lien dans le répertoire du pianiste français, dans ses choix de compositeurs américains (Philip Glass, Alan Hovhaness, Keith Jarrett, Gavin Bryars, Kyle Gann…) ou pour sa prédilection pour la musique d’Erik Satie, Mario Stantchev, Frédéric Lagnau, Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou…
On retrouve chez Moondog ce mélange de modernité et de tradition, de populaire et de savant, une lumière, la disparition des frontières entre les genres (classique (avec une obsession pour Bach), pop, jazz, musique "minimaliste"). Et puis, et surtout, comme pour les autres compositeurs cités plus haut une oeuvre à part entière, un monde authentique et sincère. C’est peut-être cela qui anime le plus Mardirossian, la conquête d’univers "particuliers" et pas si souvent visités.
L’interprétion (ou réinterprétation suite à son premier disque, preuve également de son envie de toujours se remettre en question) de ces pièces : "Autumn Leaves", "Snow Flakes", "Chaconne in A minor (Für Fritz)", "Dance in the Aeolian Mode", "Art of the Canon Book IV", "Fiesta", "Pastorale", "Rue Lette", "Sea Horse", "Elf Dance", "Santa Fe", "Caribea", parfois avec une pointe d’humour : "Pigmy Pig (H’art Songs)"… est celle d’un excellent pianiste, fin et subtile et qui maîtrise superbement son sujet. Sa façon de jouer ici de manière très enlevée "Bird’s Lament", de mettre en lumière cette mélodie (la plus "célèbre" du "Viking de la Sixième Avenue"), la pulsation rythmique, la finesse du trait, tout y est.
