C’est toujours plaisant de retrouver un auteur découvert depuis peu qui nous avait enchanté avec son dernier ouvrage. Ici, c’est donc en compagnie d’Eliot Ruffel que nous entamons le printemps, deux ans après la publication d’Après ça, son premier roman, déjà publié aux éditions de l’Olivier. Roman sans prétention, Après ça était un ouvrage plein de tendresse sur l’adolescence et ses tourments.
On retrouve dans ce nouveau livre l’écriture poétique découverte dans son précédent ouvrage, son oralité capable de saisir la beauté de gestes ordinaires.
L’ouvrage est centré autour d’un certain Oscar, vingt-cinq ans, qui travaille comme livreur d'électroménager pour une grande enseigne. Les journées se succèdent : les zones périphériques qui se ressemblent toutes, les trajets en camion, les clients plus ou moins aimables, la musique partagée et les cafés trop serrés. Puis viennent les soirées à refaire le monde, la fatigue et les lendemains brumeux. Autour de lui, il y a Kamel, le collègue danseur, Toutac, le pote d'enfance à côté de la plaque et Sanders, toujours entre deux ruptures. En miroir, il y a Clément, le frère modèle, celui qui avance, pendant qu'Oscar stagne, moteur allumé mais itinéraire inconnu. Quand Chloé, un visage du passé, réapparaît par hasard, une fissure s'ouvre dans la routine et ravive chez Oscar le besoin de reprendre la main sur sa vie.
Eliot Ruffel fait partie de ces écrivains qui sont capables de nous proposer un ouvrage sensible, drôle et attachant autour d’histoires simples, de la vie quotidienne qui pourrait s’apparenter à une routine que tout un chacun peut vivre. On a tous presque autour de nous des amis ou des connaissances qui peuvent ressembler aux personnages rencontrés dans le livre. Evidemment, cela rend la lecture sympathique, on peut presque s’identifier à eux.
L’ouvrage est court, un peu plus de 150 pages. On se lance dedans d’une traite, évidemment, comme on regarderait un film en entier.
