Du label montréalais Constellation on connait surtout les valeurs, l’engagement (anti-capitaliste) et la face post-rock avec des groupes comme Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion, Fly Pan Am ou encore Do Make Say Think. C’est oublier une ouverture d’esprit puisqu’on retrouve chez eux également Colin Stetson, Ought, Carla Bozulich, Sandro Perri ou Vic Chesnutt.
Rien de surprenant donc que le label sorte le second album du quartet montréalais Bellbird. Ensemble qui n’aura pas choisi le nom de l'Araponga blanc (Bellbird en anglais) par hasard, l'oiseau produisant les sons les plus forts, avec des enregistrements à 125 dB (équivalent d’un marteau-piqueur !).
Rien de surprenant pour au moins deux raisons. Pour l’engagement politique et social, The Call montre un groupe prenant des positions face à la crise climatique et politique internationale, avec par exemple "Blowing on Embers", dédié à une Palestine libre. Pour ce mélange également d’une énergie rock (post-rock parfois) et d’une musique jazz pouvant rappeler Eric Dolphy, Ornette Coleman ou Charles Mingus.
Allison Burik (saxophone alto et clarinette basse), Claire Devlin (saxophone ténor), Mili Hong (batterie) et Eli Davidovici (basse) filent la métaphore des oiseaux durant tout le disque ("The Call", "Mourning Dove", "Murmuration"), mais ce qui impressionne vraiment c’est le son. La qualité sonore de chaque instrumentiste (mention spéciale à Allison Burik) et de l’ensemble, et puis l’architecture sonore des morceaux, cette façon de s’appuyer sur les dynamiques, les nuances, de faire mouvoir les mélodies. Intense même dans les moments plus éthérés. Fort, comme le cri de l'Araponga blanc.
