Hein ? Deftones aurait déjà sorti un nouveau disque - et meilleur que le précédent, en plus ? On vous taquine : il s’agit en réalité du premier album des Français de Mascara.
Dans une scène européenne metal / alternative rock qui oscille actuellement entre nostalgie du néo-metal et revival hardcore, Mascara trace une voie ultra cohérente et étonnamment maîtrisée pour un premier disque.
Going Postal s’inscrit dans cette lignée rare où le metal devient une matière atmosphérique, dense et vaporeuse. Impossible, bien sûr, de ne pas penser à l’ombre de la bande Chino Moreno. Mais Mascara ne se contente pas d’en reproduire la formule façon tribute band : le groupe parisien possède déjà un univers bien à lui.
Ce qui frappe d’abord, c’est la manière dont Mascara travaille l’espace sonore. Les riffs sont lourds, parfois massifs, mais toujours enveloppés dans une ambiance hypnotique, presque shoegaze. La voix, souvent vaporeuse, vient se poser au-dessus des guitares comme une brume. C’est particulièrement frappant sur "Marrow", où la tension flotte avant de se refermer sur un refrain dense et habité.
Le morceau d’ouverture, "Navo Ardor", joue parfaitement son rôle de porte d’entrée. Une montée lente où les guitares s’empilent progressivement avant qu’un refrain massif ne vienne tout faire exploser. Plus loin, "Nerium" reprend cette dynamique mais avec une guitare plus agressive, plus nerveuse. Ils savent effectivement avoir une approche plus frontale tout en gardant un côté mélancolique, ce qui était peut être moins cas sur des singles précédents cet album.
Ce qui rend Going Postal particulièrement intéressant, c’est la manière dont Mascara digère ses influences en donnant d’ailleurs au disque un aspect cinématographique avec quelques interludes.
"Withdrawal" agit d’ailleurs comme une lente descente. Le morceau se déploie comme une conversation perdue dans l’espace : les couches synthétiques s’effacent peu à peu, la tension retombe et l’album se referme avec une élégance sombre.
Avec ce premier album d’une grande qualité, Mascara frappe un grand coup. Un groupe à suivre de très près.
