J'ai mis du temps à écrire cette chronique. Non pas que la musique me déplaise, loin de là, mais j'y reviendrais. Non pas que je sois flemmard (quoique parfois, je confesse un léger penchant à la procrastination). Non, c'est plus profond : je ne voulais pas être taxé de préférentisme ou de copinage.

Alors, non je ne connais pas spécialement Louis l'insolence, loin de là, puisque je dois avouer l'avoir découvert avec cet album. Seulement voilà, ce qui me gène, c'est que nous avons le même prénom lui et moi. Non parce que Louis n'est pas son vrai prénom, il s'appelle en réalité Lionel Ginoux. Je ne voulais pas qu'on m'accuse de dire du bien parce qu'il s'appelle Lionel. En revanche, maintenant ma couverture de super héros est grillée. Flûte.

Et puis je me suis souvenu d'un détail, trois fois rien, tu vas voir, c'est comique. Je chante comme une casserole rouillée. Et encore si ça se trouve, elle chante mieux que moi, la casserole.

Tu l'as compris, Louis l'insolence lui chante très bien, en plus d'être un très très bon musicien. Avant de se lancer en solo dans le projet Louis l'insolence, Lionel Ginoux donc, a composé sept opéras, trois symphonies, des œuvres pour chœur, de la musique de chambre. Ah ben oui, ça calme tout de suite.

Et puis, avant le COVID, il a créé ce projet en parallèle à ses musiques contemporaines. Le projet solo du départ avec juste sa guitare électrique et sa voix, assez reconnaissable, se voulait être comme une sorte de Brassens mais en version électrique et il sort deux albums sous ce format : Nuit Immense et Bouquet Oublié et petit à petit se fait ressentir le besoin d'avoir une rythmique plus forte et il fait appel au batteur de jazz Cédric Bec, qu'il connaît depuis longtemps et avec qui il partage une passion pour Jeff Buckley.

Nos Ombres sera donc conçu en formation duo, après deux semaines de répétition et trois jours de studio. Musicalement, les amateurs de rock comme moi seront nourris d'un rock et de titres en français, intelligents et beaux, en tout cas c'est mon avis. Il chante ses titres et chante aussi deux textes de Paul Eluard : "Ordre et désordre" et "L'extase" où le rock va laisser place à un univers légèrement différent, envoûtant.

Alors si tu aimes les musiciens, le chant en français, les rythmiques qui envoient, les mélodies qui t'emportent, ne te pose pas de questions et va écouter ce troisième album de Louis L'insolence : Nos Ombres (et les deux précédents au passage).