"I've been so torn
'Bout everything for so long
My everything, what have I done ?
Why can't I think ? Did I do wrong ?
Did I do something ?"
Cuir, latex, sexe, électronique, défilé, pop, extravagance, esthétique futuriste, avant-garde, provocation, queer, BDSM, des tubes. L’univers de la jeune chanteuse suédoise est multiple mais très marqué.
Créature d’un autre monde, sur terre pour nous dévorer (son EP Succubus datant de 2023 était un message clair) mais aussi pour nous faire danser, dans un sex club (où elle donna des concerts à ses débuts) ou dans des backrooms naturellement.
Cobrah (le nom déjà…) développe une énergie incroyable, une tension (pas uniquement sexuelle) qui ne baisse quasiment jamais, aidée par une production de dingue (signée Illangelo et Machinedrum).
Mais Cobrah ne se résume pas à quelques provocations et un enchaînement de bpm. Son premier disque Torn transcende les genres entre pop et expérimentation et propose des portraits de personnages saisissants.
"Cause I’ve tried to be sweet, tried to be real. I have tried to stay cool, I’d do that for you, it’s so stupid of me…"
Plus complexe que ce que pourrait laisser imaginer la première impression, elle sait également montrer des cotés moins purement provocateurs, plus intimes ("Torn", "Charming", "Snow White", "Really Hard"), une vulnérabilité, une normalité : moins l’objet de fantasmes mais une femme qui souhaite simplement aimer, aspirer à une relation durable sans peine de cœur.
Un changement important pour Cobrah qui souhaitait se réinventer, évoluer musicalement par rapport à ses précédents EP et surtout, gagner en profondeur. Et si à tout cela on rajoute un son, des basses profondes, des textures électroniques tranchantes, une maîtrise mélodique, on obtient des titres qui sonnent comme des tubes : "Torn", "Dog", "Excusez-moi", "Hush" ou "Platinum" et au final, un excellent disque qui consume les corps.
Audacieuse, arrogante, subversive, humaine aussi et une grande diva pop.
