Fermez les yeux, écoutez les éclats de la magnifique Vienne tournoyer. Et dans ce tourbillon, saisissez la musique de Mozart, d’Anton Webern, d’Erich Wolfgang Korngold. Les notes virevoltent, les mélodies, les rythmes font des arabesques et des entrelacs. Et pour jouer cette sublime partition, le non moins magnifique Quatuor Hermès. Avec eux, le Quatuor à cordes n°15 de Mozart brille d’élégance, chante souvent.
Autres temps, autres moeurs, autres styles mais une même façon d’emporter l’auditeur avec ce traitement des couleurs, avec cette éloquence maîtrisée de bout en bout que cela soit chez un passionné Anton Webern et un Langsamer Satz tout en expressivité postromantique (pleine de souplesse, de retenue et de fluidité ici), ou dans l’exigeant Quatuor à cordes n°2 en mi bémol majeur, op. 26 de Korngold. L’ensemble maîtrise totalement les sentiments contraires des différents mouvements (ce quatrième mouvement plein d’ironie, la plainte profonde du Larghetto…) qui quelque part sont annonciateur de la carrière hollywoodienne (et de la musique hollywoodienne en général) du compositeur.
Une énergie, une maîtrise stylistique (même dans ce grand écart), des élans uniformément partagés, une belle réussite !
