Réalisé par Antoine Vasquez. Documentaire. 1h24. Sortie le 4 mars 2026.

Bonne nouvelle ! Les campagnes se repeuplent avec des citadins qui ont décidé de devenir ou de redevenir des ruraux. C'est le cas de Benoît, un fan du jardinage, qui s'est installé au cœur de la Dordogne. Plus exactement, réinstallé car il est revenu dans un village où il a passé son enfance. Il a débroussaillé son territoire, s'est battu contre les ronces... et a rendu vivable une propriété où étaient enfouis des souvenirs qu'il avait refoulés... En effet, Benoît est "queer" et quand il répond à Antoine Vasquez, lui-même confronté à une expérience identique, sa mémoire n'est pas souvent joyeuse. Avant que les lois punissent les discriminations sexuelles, il ne faisait pas toujours bon être un gay campagnard.

Benoît, amoureux de la nature et qui n'hésite pas à profiter de l'onde pure, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Plus question, comme jadis, de se cacher et de vivre sa sexualité en solitaire. Il s'est vite aperçu qu'il n'était pas seul parmi les néo-ruraux à n'être pas hétéro. Il a aussi pensé aux "autochtones" pour qu'ils ne sentent plus seuls... L'union faisant la force, il a découvert qu'il pouvait compter sur un petit noyau prêt à vaincre ses peurs et ses refoulements. Et, cerise sur le gâteau, lui et ses ami(e)s, ont osé avoir une idée apparemment folle : organiser une "pride" rurale.

Le film relate le long accouchement de l'événement... avec une séance du conseil municipal local qui vaut son pesant de cacahuètes...
"Pédale rurale" n'est pas un pamphlet militant. Il raconte sans acrimonie comment une bande déterminée et rigolarde conçoit un projet qui paraissait autant farfelu qu'utopique et réussit à en faire un évènement évident et citoyen.

Il y aura, évidemment, des dents qui grinceront et des regards effarés et furibonds mais aussi des sourires complices et amicaux.

Une sacrée leçon de tolérance... et quand même, en sous texte, une certaine crainte : en s'exposant ainsi, Benoît et ses amis tombent le masque alors que leurs ennemis potentiels sauront se souvenir de ce moment de fête qui pour eux à, pour l'instant, goût de défaite.

"Pédale rurale" d'Antoine Vasquez montre une France aux allures bucoliques, où il faut espérer qu'il fera encore longtemps bon vivre. En toute logique, le courage vaut mieux que la soumission à une minorité intolérante qui se pense majoritaire. Benoît et ses amis sont déjà prêts pour une deuxième fête des fiertés. Sera-t-elle aussi réussie que celle montrée dans "Pédale Rurale" ?

Loin de toute provocation gratuite, cette affirmation paisible de la différence est un beau message adressé à l'indifférence; qui trop souvent masque la haine bête et ordinaire.