Spectacle de et avec Yves Cusset.

Après "La vie rêvée des philosophes" où il partageait la scène avec Emmanuel Loiret, Yves Cusset revient tout seul, mais avec son cortège de délires philosophiques.

Il est le "Dr Love", un conseiller radiophonique en matière sexuelle. Sur son siège qui tourne, il va faire tourner les concepts et, sans rien dévoiler, il n'en sortira pas tout à fait lui-même...

Docteur Love et Mister Yves, c'est un peu un descendant de Jerry Lewis qui, lui était Docteur Jerry et Mister Love. Les plus vieux et les cinéphiles se souviennent de ce film génial, recommandé aux plus jeunes qui auront la curiosité de le chercher.

Pour l'heure, il faut souligner la transformation extraordinaire, et sans filtre, d'un philosophe brillant en intermittent qui s'éclate avec un public acquis.

Personne ne lui donnera tort d'avoir abandonné la salle des profs pour les planches. Sur scène, désormais, il est chez lui et convertit les mots qu'il a écrits en réparties qui font mouche. Attention, il fait de l'anti-Stand up. Pas question pour lui de chronométrer la cadence des rires. Avec lui, avant tout, on se réjouit et il surprend constamment. Il se permet toutes les audaces, à la fois crooner et danseur, hilarant et émouvant.

Le docteur Love répondra à six questions cruciales sur l'amour. Seront évoqués d'une manière ou d'une autre, des sujets jugés jadis scabreux et qui deviennent ici parfaitement audibles par tous. Avec Yves Cusset, tout est au poil, le tennis rime ave pénis et le grand âge n'est plus un naufrage.

Particulièrement bien écrit, le spectacle est adapté de son essai "L'amour sur le bout des doigts" (Editions du Rocher, 2002). Il donne envie de le lire ou que son auteur en tire la suite des aventures de ce docteur frappadingue, mélange de Jim Carrey et de professeur Burp, expert bien connu des lecteurs de la Rubrique-à-Brac de Marcel Gotlib, un grand philosophe de la bande dessinée.

75 minutes de pure fantaisie et un astucieux fil rouge (à lèvres). La fin prouve qu'Yves Cusset a bien fait de faire ce qu'il lui plaît : il est un acteur complet qui ne s'arrête pas à la gaudriole. S'il égratigne Bourvil et la tendresse, il n'en manque pas. Mais un philosophe, d'autant plus s'il est un rigolo, a le droit de se contredire ou plutôt de se contrerire.