On pardonne beaucoup aux premières fois, trop parfois. On pardonnera une certaine uniformité, un manque d’audace et quelques "faiblesses" dans l’écriture à ce Tyler Ballgame qui fait une musique totalement héritière des années 60-70 (Roy Orbison, Harry Nilsson, Tommy James….) et qui vire parfois au pastiche ("Goodbye my love").

Pourquoi ? Déjà parce que c’est une belle histoire. Celle d’un jeune homme, qui, après des études au Berklee College of Music fera une dépression, vivra de petits boulots et retournera vivre dans le Rhode Island, dans le sous-sol de ses parents. Et puis un déménagement à Venice Beach, la transformation de Tyler Perry en Tyler "Ballgame" (un nom inspiré de la légende des Red Sox, Ted Williams), des concerts dans les bars de Los Angeles interprétant des reprises de Roy Orbison et la rencontre avec Jonathan Rado de Foxygen, qui l'a invité à enregistrer la majeure partie de son premier album dans son studio. On retrouve également Ryan Pollie à la production.

On lui pardonnera parce qu’il y a un côté absolument solaire dans sa musique, pour les indéniables qualités mélodiques, pour le soin apporté au son (le disque a été enregistré en grande partie en analogique), pour cette voix.

Alors oui, on lui pardonnera d’avoir l’impression d’avoir déjà entendu cette musique des centaines (des milliers) de fois. Au moins tant qu’il nous donnera à entendre des titres comme "I believe in love", "You’re not my baby tonight", "Ooh" ou encore "Got a New Car".