"Faire de l’art à l’œuvre plutôt que des œuvres d’art" Bernard Lubat.

L’Oiseau Ravage, c’est un duo toulousain. La complicité entre Charlène Moura (saxophone, voix, batterie, objets sonores) et Marek Kastelnik (piano, piano préparé, voix). Ensemble, ils font une musique belle et intrigante. Si on peut parler de jazz (le jazz comme mouvement de la vie) et même de pop, on causera surtout poésie, atmosphère, jeux de timbres et de structures sonores.

Vertiges de la mue est un disque foncièrement original. On pensera à Bernard Lubat, à cette façon d’imaginer la musique en liberté, avec audace, avec du sérieux dans l’humour et inversement.

Et puis naturellement l’oiseau est au coeur de ce disque. Omniprésent. Dans les lignes mélodiques, rythmiques. On y entendrait des chants, des babillements, des croulements, des piaillements, des battements d’ailes, des bruissements de pattes. Ce n’est pas du Messiaen, ou alors pensé différemment.

Et puis on peut aussi juste se laisser porter par ces sons, ce saxophone et ce piano qui sonnent parfois (et absolument volontairement) de guingois, ces mélodies qui poussent de temps en temps jusqu’au lyrisme. C’est la nature, une respiration.

"Si je devais me définir ? En fait je ne me définirais surtout pas : pas d’étiquette, pas d’identité révélée, que du devenir, de l’inconnu, de la transformation du souci en souci de la transformation". Bernard Lubat. Les voilà les Vertiges de la mue. Magnifique.