"If I leave, somebody else will love you, but nobody else could forgive me, quite as often as you"

"Pour vivre heureux, vivons cachés". En rajoutant un presque à caché, cette locution conviendrait plutôt bien à la chanteuse qui, plus le succès arrivant semble se retirer du monde. Le choix d’une vie libre, à l’écart des autres, notamment possiblement des hommes et des chagrins d’amour.

Ce huitième album, enregistré chez elle, avec ces chats, des chiens et des esprits, porte, avec sa science de la narration, sur son exposition croissante, sur l’illusion de la popularité, sur un confort étouffant et l’isolement mais également sur le masculinisme.

Dans la lignée de l’excellent The Land Is Inhospitable and So Are We (2023) (mais sa discographie est pavée d’excellence dans des genres différents comme Lush (2012), Puberty 2 (2016) ou Be the cowboy (2018)), Nothing's about to happen to me suit le même chemin d’une belle écriture. Cette même tension dramatique, cette sensibilité, une musique registre pop rock alt-country (avec une guitare steel, omniprésente) avec des arrangements qui se déploient discrètement tout au long du disque.

"I won’t leave you, cause I still love you, so it’s up to you if you choose to go"

Une musique magnifique et émouvante (rien que "Dead Women" ou "I’ll Change for You", mais également "Cats", "Instead of here", "In a lake"…) où Mitski cultive sa différence, une force dramatique (et beauté presque mystique, au moins troublante (une anxiété qui vire à la folie n’est jamais très loin) et une grande authenticité.

Un chat rode dans le jardin, un autre ronronne dans la maison, sans se rendre compte des drames intimes qui se jouent ici.

Magnifique.