Quand j'ai entendu les premiers accords de "Don't Care", je me suis dit que ce groupe british était vraiment bath (oui, on disait ça dans les années 60 pour dire, mais aucun rapport avec la suite de cette chronique).

Bon, j'avais tout faux, ce groupe n'est pas british mais le batteur Nicolas Germain est franco-canadien.

Bon, ce n'est pas grave parce que le gars au chant a une voix burinée par l'expérience. Bon, j'avais tout faux, il a 16 ans, il s'appelle Charles Germain, oui comme le batteur, normal en même temps c'est son fils.

Je n'avais pas faux sur un point, Charles a commencé la musique à 10 ans, par la batterie, comme papa, puis il a très vite été attiré par la guitare, il a pris des cours puis joué des reprises des standards du rock avec son père et ils se sont mis à composer. Pourquoi pas. Et voilà qu'ils sortent des titres (Charles en a composé une quarantaine) en 2022, Charles fait donc ces premiers concerts à 14 ans, ses premiers enregistrements studio à 14 et sort son premier EP à 15. Un parcours classique en quelques sorte. Non mais sérieusement, ce "gamin" est juste phénoménal et je pèse mes mots.

Le premier EP, Do It Myself est donc sorti en 2025, il est remarqué notamment par RSTLSS qui ne tarit pas d'éloges, justifiées. Ah oui en 2024, ils se sont fait remarquer avec leur clips tournés par Nicolas qui, je ne l'ai pas dit est connu dans le milieu du streetart sous le nom de Nicogermain. Il a découvert l'art à 17 ans avec la découverte du punk et du Do It Yourself. Le talent est donc dans les gènes.

Ce premier EP est enregistré, mixé et masterisé par Laurent Loiseau à Organic Studio (38). Fizzy Life, leur deuxième EP, toujours en collaboration avec Laurent Loiseau, propose 6 titres complètements déments. Ils fusent, virevoltent, nous entraînent dans une folle énergie rock. Ils revendiquent comme influences Jack White, Black Keys ou encore The Inspector Cluzo et seront très certainement un jour, très proche, eux-mêmes cités comme influence tant leurs titres sont magistraux.

Non content de proposer une musique qui flirte avec le punk ou le hard-core, ils nous proposent également des titres politiques comme "Proud Of Your Genes", un titre qui est je cite "une profession de foi anarchiste", "At One", qui clôture ce trop court EP avec brio. Ils prônent aussi la vie au calme, dénoncent la culture mainstream ou au moins expriment leur exaspération et, évoquent le féminisme et les failles et paradoxes du patriarcat (sic).

Franchement, je ne le dis pas souvent, mais cet EP est en passe, alors que nous ne sommes qu'en mars, d'être mon gros coup de cœur 2026. C'est un énorme coup de cœur que j'ai eu à l'écoute de ce duo père-fils et surtout rassemblant deux musiciens de très grand talent.

Bon, pas de temps à perdre, tu sais ce qu'il te reste à faire !