Texte de Primo Levi, mis en scène et interprété par Gilbert Ponté.

Primo Levi, chimiste et résistant juif italien est arrêté le 13 décembre 1943 par la milice fasciste et déporté dans un wagon de marchandises avec des milliers d'autres en 1944 vers le camp de travail d'Auschwitz.

174517 : le détenu à Auschwitz n'a plus de nom mais un numéro tatoué au bras, qui sert à l'identifier. Il découvre le "Lager", un endroit où les questions n'ont pas lieu d'être et où peu à peu l'on doit se délester de tout pour pouvoir tenir.

Avec le talent de conteur qu'on lui connaît et sa bonhomie, Gilbert Ponté fait passer superbement le texte de l'auteur italien, rendant ce récit aussi vivant que captivant. Il parvient même à faire rire parfois de l'absurde de la situation. Même si ce journal est le récit d'une horreur absolue dont des hommes sont capables.

Ce voyage vers l'enfer, écrit avec une précision de détails par Primo Levi, frappe juste et fort. Il y décrit avec un froid clinique la suite des événements et la mentalité qu'il a dû se forger pour rester vivant et croire parfois au miracle. Il y relate l'inconfort, la peur, la souffrance, le froid, la faim... Et les rêves la nuit pour oublier. Même si parfois un instant de répit avec une douche chaude ou le soleil sur sa peau interrompt brièvement le calvaire.

Écrit à son retour d'Auschwitz et publié en 1947, "Si c'est un homme", le récit autobiographique de Primo Levi est un témoignage essentiel sur l'expérience des camps, la barbarie nazie et la déshumanisation. Conté par Gilbert Ponté, il est un remarquable spectacle qu'il faut voir et entendre impérativement.