Altin Gün, groupe mené notamment par Jasper Velhust (bassiste du psychédélique Jacco Gardner), vient d’Amsterdam mais le groupe fait de l’anadolu pop.

Leur premier disque (On (Bongo Joe Records)) date de 2018 mais leur musique est ancrée dans les années 1960 et 1970, dans ce métissage entre musiques traditionnelles turques, acid folk et la pop et le rock psychédélique anglo-saxon.

Cet âge d’or (Altin Gün) du rock anatolien et quelques influences importantes : Baris Manço, Erkin Koray et Neset Ertas. Cela tombe bien, Garip est un hommage à Neset Ertas (1938-2012), figure majeure de la musique turque.

Garip (étrange en français) propose dix relectures de ses compositions. Des relectures totalement maîtrisées techniquement (avec une belle production), réinventant la tradition achik, qui ouvrent vers d’autres horizons, plus dream pop, psychédéliques, arrangements sophistiqués (tournés vers les musiques égyptiennes ou italiennes), volutes et arabesques, et expérimentations diverses.

On en perdrait presque notre latin ou notre turque face à cette musique si référencée esthétiquement mais si éclectique, aussi profondément ouverte aux nombreuses références digérées. Cela plane sec (mais pas que) entre Amsterdam et Istanbul.