Découvert il y a deux ans avec l’ouvrage Le pickpocket des Champs-Elysées, Jean-Hubert Gailliot, cofondateur des éditions Tristam, m’avait enchanté avec son écriture incroyable pour décrire des ambiances et des situations particulières.

Proche d’un Bernard Quiriny, que j’aime beaucoup, c’est donc avec grand plaisir que j’ai pu me lancer dans la lecture de ce roman, qui n’en est pas vraiment un non plus, intitulé, L’ami universel.

Dans une société où chacun met en doute la raison et le réel, l'ami universel apporte son soutien aux personnes les plus déboussolées. Accédant à leur intimité, il révèle le mal qui menace tous les citoyens des civilisations évoluées.

Si l’ami universel n’est ni une secte ni un groupe politique, comme l’affirment ses promoteurs, de quoi s’agit-il alors ? D’une œuvre philanthropique ? Dans cette société où les gens ont l’impression de vivre entourés de fous et de perdre eux aussi la raison, l’ami universel apporte son soutien à des individus déboussolés. On y trouve Melchior, un assureur à la retraite. Mais aussi le couple Voisin (c’est leur nom de famille !), un couple d’obsédés sexuels paranoïaques ! Et que dire de Wonderful boy, un jeune vagabond urbain, d’Agnesz Morel et Kiki schmitt, des femmes persécutées ?

En pénétrant l’intimité de ces personnes, l’Ami universel met au jour un mal qui menace sûrement les citoyens de toute société évoluée. Après la fin des idéaux et des croyances, n’est-ce pas la réalité elle-même qui finit par ressembler à un immense canular ?

Une fois encore, la lecture de cet ouvrage de Jean-Hubert Gailliot s’avère être une véritable expérience littéraire tant l’écriture de cet auteur particulier est percutante, pleine d’énergie tout comme l’est aussi son imagination, sa marque de fabrique (encore une fois, je pense à Bernard Quiriny en écrivant cela). L’univers décalé et drôle qu’il nous propose dans cet ouvrage fonctionne parfaitement. On ne sait pas vers où on s’embarque quand on débute un ouvrage de cet auteur, on ne sait pas comment on va y aller non plus mais on sent au fil des pages qui passent (très vite car le livre est construit autour de nombreux chapitres très courts correspondants aux différents personnages) que le voyage nous fera passer par de nombreuses émotions, de l’angoisse au comique, autour d’une ambiguïté plaisante.

Alors voilà, si vous ne connaissez pas encore cet auteur, il est grand temps de vous plonger dans son œuvre, avec cet ouvrage par exemple ou alors avec un de ses autres livres, notamment Le soleil, sorti en 2014, qui est réédité en grand format avec une nouvelle couverture aux éditions de l’Olivier depuis le début du mois. Vous n’avez donc plus d’excuse pour passer à côté de Jean-Hubert Gailliot.