"As my legs are blown to bits and I always feel shit, well with you I kind of feel OK"
Peut-on faire du rock avec de l’accordéon ? Non, l’infâme Claudio Capéo ne s’est pas mis à faire de la musique. They Might Be Giants, en autres, avait déjà apporté la réponse, le groupe Irlandais Cardinals en est la preuve en 2026.
De l’accordéon oui mais des guitares aussi. Et chez Cardinals, les guitares savent se faire tranchantes, on est ici plus proche des Fontaines D.C. que des Pogues. Dans le genre irlandais post-punk-pop, accrocheur et entraînant (dans une veine Fontaines D.C. donc mais également Sprints, NewDad, ou même Slyrydes).
Il y a chez eux une intensité, de l’audace, mais surtout une belle maîtrise de l’écriture, des émotions et de la dramaturgie (marquant dans la seconde partie du disque, peut-être la plus intéressante) et un véritable sens de la ligne mélodique.
Et puis l’accordéon qui n’est pas là pour apporter une touche folk ou musiques traditionnelles mais pour amener un timbre forcément particulier et une réelle valeur ajoutée.
"I know your sad, And a fool, Don't you know, Everyone wants to be more like you"
Pas grand chose à jeter (même si on sent que le groupe a quelques formules mélodiques ou harmoniques qu’il aime répéter) dans ce disque où les cotés sombres (dans la musique comme dans les textes où l’on travaille ses états d’âme) sont largement cultivés.
Si les Irlandais impressionnent musicalement, c’est également parce que le groupe sait où il va, se montre confiant sans avoir besoin de l’afficher haut et fort, et donne à entendre un disque sans artifice abouti sans être prétentieux.
Cardinals est le groupe irlandais préféré de Grian Chatten (Fontaines D.C.) à l’écoute de morceaux comme "Masquerade", "I like you", "Big empty heart", "Barbed Wire" ou "The burning of Cork", on comprend aisément pourquoi…
