L'heure du retour des publications aux éditions Playlist Society a sonné avec un ouvrage portant sur une série iconique comme Les Simpson.

On imaginait donc très mal cette série pouvoir échapper aux griffes des essais des auteurs publiant dans cette maison d’éditions. Ici, c’est Romain Nigita qui s’y colle, un journaliste et critique de série télé pour différents médias comme France Inter, le JDD et Mad Movies.

Apparue sur le petit écran en 1989, Les Simpson va bientôt franchir le seuil des 40 saisons. Un record dans l'histoire des séries télé, qui s’accompagne d’une résonance culturelle inédite.

À travers les figures de Homer, patriarche benêt, de Marge, femme au foyer qui soutient sa famille à bout de bras, et de leurs trois enfants Bart, Lisa et Maggie, c’est toute une vision de l’Amérique que la série dessine. Les personnages ont beau ne pas vieillir, Les Simpson ne cesse de décrypter l'évolution de la société américaine, sans que les anciens épisodes ne perdent en pertinence au fil des rediffusions. Une approche qui crée un paradoxe surprenant : la série ne change jamais, tout en étant en constante mutation. Politique, économie, environnement, santé, religion et société de consommation : aucun sujet n’est laissé de côté. Les Simpson ou le paradoxe du donut intemporel plonge dans plus de 780 épisodes, et s’appuie sur les explications exclusives du showrunner Al Jean, pour explorer les raisons de la longévité de la série et de son impact sur le monde entier.

Cela serait mentir que de vous dire que j’ai vu toutes les saisons des Simpson. J’en ai vu une bonne dizaine de saisons lors des débuts, pour m’en éloigner au fil du temps, non pas par désintérêt mais plutôt par manque de temps. Reste néanmoins de bons souvenirs de tous les épisodes vus.

Lire ce petit ouvrage a donc réveillé en moi ces bons souvenirs, me montrant aussi une dimension de l’œuvre pas forcément vue quand j’étais plus jeune. La préface est l’œuvre des deux voix françaises de la série, montrant leur attachement à cette série avec émotion. L’ouvrage est alors construit autour de deux parties, la première portant sur son histoire, qui défie le temps, autour de cette famille intemporelle donc, et très attachante surtout quand la seconde s’interroge sur cette formidable longévité et sa dimension culturelle et politique.

Une fois encore, ce genre d’essai, brillant et érudit, nous permet d’en savoir davantage sur cette série. On y apprend sa genèse, sur la construction des épisodes (cela prend beaucoup de temps), sur la volonté d’en faire une série internationale (nécessitant donc des adaptations et une certaine réflexion), sur les thèmes évoqués pour attirer le plus grand nombre de spectateurs.

Comme toujours avec les publications de Playlist Society, c’est un ouvrage passionnant à lire, que l’on connaisse de loin ou de près cette série américaine car l’auteur parvient à nous transmettre sa passion pour cette série. Il m’a donné envie de me replonger dans cette série, même si je dois vous avouer que l’ampleur des épisodes pas encore vus s’apparente encore à un défi.