La formation de Salem (Massachusetts) revient avec Love Is Not Enough, son onzième album studio, mettant fin à plusieurs années de silence discographique. Une question s’impose immédiatement : après tant d’années d’activité et surtout un jalon aussi imposant que Jane Doe (2001), ce groupe de hardcore a-t-il encore quelque chose à proposer ?

La réponse est un oui catégorique. Certes, un léger regret s’impose : avec à peine trente minutes au compteur, l’album paraît presque trop court. Mais cette concision participe aussi à son efficacité, chaque morceau frappant sans détour.

L’ouverture, "Love Is Not Enough", donne le ton : un chaos punk-hardcore viscéral porté par les hurlements de Jacob Bannon et la frappe chirurgicale de Ben Koller. Une entrée en matière suffocante qui rappelle que Converge excelle toujours dans l’art de la tension et la puissance.

"Bad Faith" prolonge cette dynamique avec une intensité intacte, confirmant d’ailleurs dès le départ qu’on tient peut-être déjà l’un des disques majeurs de l’année. Le très punk "Distract and Divide" ravive l’urgence, on est à la limite du grind. Et que dire du désespoir qui ressort de "To Feel Something" à la rythmique plus metal.

L’instrumental "Beyond Repair" offre une respiration sombre et inquiétante avant un "Amon Amok" saisissant. "Gilded Cage" fair parler la lourdeur, avec un chant plus clair par mémoire élargissant ainsi la palette émotionnelle du groupe. L’album s’achève sur "Make Me Forget You", final brutal et incandescent.

Brut, intense, efficace : Love Is Not Enough est une véritable déflagration. Converge continue de frapper plus fort que jamais. Une nouvelle claque administrée par un groupe qui, au final, ne déçoit jamais.