Texte et mise en voix de Clément Piednoel Duval avec Julia Coma, Thomas Stachorsky, Blanche Vollais, Vadim Vidovic.
Un fils issu d’un milieu paysan normand rejoue son enfance à partir d'une photo retrouvée.
Comment traiter le sujet de la violence parentale, de l’enfance qui s’émancipe, du déterminisme implacable, sans tomber dans le pastiche d’œuvres précédentes.
Pour s’arranger avec les premières années de sa vie, Clément Piednoel Duval utilise un angle particulier. Il le rejoue en le remodelant à sa guise. Des scènes n’ayant jamais eu lieu sont inventées et des épisodes réels sont tus, des dialogues sont rejoués en boucle à la manière de Ionesco.
Des fleurs parlent. La poésie revisite le passé. C'est la façon qu'a trouvé ce jeune auteur pour supporter et comprendre son enfance aux côtés de ce père violent. Revivre ces moments sous différentes formes, les rejouer à l’envi, les chanter, créer des scènes qui n’existent nulle part, même pas dans sa mémoire.
Cet objet artistique nous fait entrer dans l’esprit de l’auteur / metteur en scène et d’une façon presque impudique, nous rend spectateurs de ce qui semble être sa thérapie.
Le Théâtre Ouvert a l’habitude d’accueillir les jeunes auteurs et ça leur réussit puisque l’inventivité et l’audace de cette pièce trouvent toute leur place sur la grande scène de ce lieu parisien.
Pour mettre en lumière cette introspection, un quartet de comédiens étonnants nous emporte. Ils chantent, pleurent et meurent sous nos yeux. Les images de certaines scènes frappent particulièrement les esprits et risquent de rester un moment dans les mémoires.
Le but est atteint.
